APPEL

«  […] nous utilisons concurremment et à chaque instant plusieurs systèmes de signes : d’abord les signes du langage, qui sont ceux dont l’acquisition commence le plus tôt avec le début de la vie consciente; les signes de l’écriture; les ‟signes de politesse”, de reconnaissance, de ralliement, dans toutes leurs variétés et hiérarchies; les signes régulateurs des mouvements véhiculaires; les ‟signes extérieurs” indiquant les conditions sociales; les ‟signes monétaires”, valeurs et indices de la vie économique; les signes des cultes, rites, croyances; les signes de l’art dans leurs variétés (musique, images; reproductions plastiques), bref et sans dépasser la constatation empirique, il est clair que notre vie entière est prise dans des réseaux de signes qui nous conditionnent au point qu’on n’en saurait supprimer un seul sans mettre en péril l’équilibre de la société et de l’individu». (Émile Benveniste, Problèmes de linguistique générale, 2, p. 51)

Dès lors, apprendre comment ‘lire’ et saisir les signes, comment y attribuer des significations devient vital pour l’être humain. A fortiori en traduction où la superposition des langues, des cultures, des sociétés et des histoires complique l’intercompréhension. La sémio-traductologie, autrement dit, la sémiotique de la traduction, se donne, depuis un bon quart de siècle, la mission de guider le traducteur qui s’affronte à cette tâche hardie afin de contribuer à la qualité de l’activité traduisante. Nous nous proposons de constituer une plate-forme d’échanges de vues pour lancer une collaboration entre spécialistes de sémiotique et de traduction soucieux de ce qui arrive tant en bien qu’en mal aux signes lors de leur transmission d’un contexte à l’autre – que ce soit dans le cadre d’une même langue, d’une langue à l’autre ou d’un système sémiotique dans un autre.

En partant de la typologie des traductions intralinguale, interlinguale et intersémiotique faite par Roman Jakobson (Essais de linguistique générale, 1, p. 79), nous proposons quelques pistes de réflexion et de recherche indicatives mais non limitatives pour les interventions :

I. Contexte intralinguistique 

  • Traduction de la langue ancienne en langue moderne
  • Traduction des parlers régionaux en langue standard
  • Traduction ou auto-traduction intralinguale des œuvres littéraires suivant l’évolution de la langue

II. Contexte interlinguistique 

  • Odyssée des signes en traduction littéraire
  • Transmission des signes en traduction des textes de réflexion
  • Traduction d’une langue à l’autre des textes polysémiotiques : chansons, publicités, bandes dessinées, etc.
  • Traduction des signes de la ville en littérature

IIIContexte intersémiotique

  • « Transmutation» (terme de R. Jakobson) des œuvres littéraires dans d’autres formes artistiques : cinéma, théâtre, peinture, sculpture, danse, pantomime,

Ainsi de suite…

Le colloque se tiendra à Istanbul, dans les locaux du campus de Beşiktaş de l’Université technique de Yıldız. Les langues de travail sont le français et l’anglais, néanmoins les participants en dehors du domaine de langues et de traduction notamment les intervenants des domaines artistiques pourront présenter leur travail en langue turque. Toutes les propositions seront soumises à une évaluation en double aveugle par les membres du Comité scientifique. Nous attendons vos propositions de 300 mots maximum avec une notice biobibliographique de 100 mots environ à l’adresse suivante :

semiotraductologie.istanbul2020@gmail.com

Date limite du dépôt des propositions : le 29 novembre 2019

Date de notification : Dans la deuxième moitié du mois de janvier
Date limite de l’inscription : le 2 mars 2020

Les informations concernant les modalités de l’inscription et l’organisation du colloque seront transmises prochainement par le deuxième appel.